mercredi 8 janvier 2014

LE CERVEAU AIME SE DOPER... EN APPRENANT ET FAISANT DES EFFORTS

 Marie-Paule Dessaint, Ph. D.
Si vous faites circuler cet article ou le reproduisez, merci, mille fois, d'en donner la source.
mariepauledessaint.com

 
Le cerveau est un petit coquin car il aime se doper… à la dopamine, l’hormone du plaisir. Plusieurs moyens lui permettent d’assouvir ce besoin : apprendre à résoudre des problèmes, surmonter des difficultés, donner et recevoir des baisers et des massages, écouter de la musique et, malheureusement aussi lorsque nous fumons, nous droguons, etc.
 
Intéressant à noter aussi : la musique ne fait pas qu’augmenter le taux de dopamine, elle augmente aussi celui de la sérotonine, l’hormone du bien-être. Pour sa part, le massage réduit aussi le taux de cortisol, l’hormone du stress et de l’énergie.
 
Intéressant, non?
 
 
CE QU'EST LA DOPAMINE, EN (TRÈS) SIMPLIFIÉ
 
 
La dopamine est le précurseur de l'adrénaline et de la noradrénaline. Elle est issue de l'acide aminé tyrosine. Elle joue (entre autres) un rôle important dans la motivation physique, l’entrain, l’attention et la concentration, la prise de décisions.
 
C’est à partir de 20 ans environ que, tous les 10 ans, nous perdons 6% des récepteurs de dopamine.
 
Ce que j’écris ici à propos de la dopamine est simplifié au maximum car je veux surtout faire le lien avec la mémoire, particulièrement les capacités d’attention et de concentration. Indispensables pour retenir de nouvelles informations et apprendre, elles ont tendance à nous lâcher en vieillissant. Nous savons aussi qu’il existe un lien important entre une carence en dopamine et la maladie de Parkinson ou, au contraire, un excès de dopamine et les hallucinations et les états schizophrènes. Ou encore avec la dépendance au jeu. Ce n’est pas l’objet de cette chronique et, surtout, ce n’est pas mon domaine de compétence.
 
UN LIEN ENTRE UNE CARENCE EN DOPAMINE ET LES TURBULENCES DU MILIEU DE LA VIE?
 
 
D’après le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, le déficit du neurotransmetteur dopaminergique pourrait aggraver la crise du milieu de la vie. Il occasionne en effet divers problèmes, notamment des difficultés à se concentrer, à rassembler ses idées et à les exprimer clairement, à mettre en route des projets d’avenir et à prendre des décisions. Ce déficit serait également responsable de la baisse des capacités intellectuelles, de la perte d’intérêt pour les tâches habituelles et pour les contacts sociaux, en plus d’un manque d’entrain général et d’une plus grande fatigabilité.
 
Si on ne peut associer directement la «crise de la cinquantaine» à ce déficit en dopamine, on peut croire qu’il peut l’aggraver s’il s’ajoute aux autres préoccupations et turbulences de ce stade du cycle de la vie. Aussi, d’autres études devraient être menées pour établir ce lien hors de tout doute.
 
DES ALIMENTS RICHES EN TYROSINE ET PHÉNYLALANINE
 
La tyrosine et la phénylalanine sont des acides aminés précurseurs de la dopamine, le neurostimulant de l’attention et de la concentration et davantage aussi. On en trouve par exemple dans les graines de sésame et de tournesol, les fèves de lima, les bananes, les avocats, le lait…
 
On trouve aussi la L-tyrosine en supplément alimentaire, mais il faut être prudent si on prend avec certains antidépresseurs. Attention aussi à la tyrosine vendue sur Internet
 
D’autres neurotransmetteurs jouent un rôle dans la mémoire, par exemple l’acétylcholine qui joue un rôle dans la vitesse de traitement de l’information. Ce sera l’objet d’une autre chronique. J’ajouterai la liste de quelques médicaments anticholinergiques (qui réduisent l’effet de l’acétylcholine et donc l’efficacité de la mémoire).
 
 
POUR FINIR...
Faites plaisir à votre cerveau en apprenant des choses nouvelles, en résolvant des énigmes, des jeux de mémoire compliqués, des casse-tête... En vous compliquant la vie un peu au lieu de rester confortablement réfugié dans le confort de vos habitudes, en apprenant des choses nouvelles... Votre mémoire vous en remerciera au centuple aussi.
 
Je rappelle que je donne des ateliers et des conférences sur la mémoire et l’intelligence et sur les turbulences du milieu de la vie. Et bien sûr, je suis auteure de livres sur ces thèmes.

jeudi 12 avril 2012

Mémoire, intelligence et attention

Pour bien des gens, améliorer leur mémoire signifie apprendre des choses par coeur ou faire des mots croisés. C'est bien, mais c'est loin d'être suffisant pour maintenir nos fonctions cognitives «au top» pour longtemps. Il est indispensable d'améliorer notre capacité d'attention car sans attention, ni concentration, rien ne peut entrer dans la mémoire à long terme. C'est aussi par l'attention partagée que l'on réfléchit, raisonne, calcule, etc. En fait, c'est là que se contruit et se manifeste l'intelligence (parmi d'autres facteurs, bien sûr).
La capacité d'attention commence à baisser vers l'âge de 30 ans si on ne fait rien pour la maintenir. Vers 40 ans, il devient difficile de se concentrer lorsque l'environnement n'est pas calme car alors il y a interférence.
Pour améliorer sa capacité d'attention, il faut donc s'entraîner, éviter de faire plusieurs choses en même temps, vivre dans un environnement calme, relaxer régulièrement et consommes des aliments riches en tyrosine (avocats, amandes, bananes, graines de sésame, lait, etc.).
À bientôt pour la suite!